»I have a dream »: 50 ans après.

28 août 1963-28 août 2013. Voici 50 ans que la grande marche sur Washington pour l’emploi et la liberté a été organisée. C’est au cours de cette marche que Martin Luther King prononça son célèbre discours ’’I have a dream’’ (J’ai un rêve). C’est un rêve de liberté pour les peuples Noirs. Un rêve d’égalité pour toute l’humanité. Aujourd’hui, pouvons-nous dire que ce rêve s’est réalisé ? Difficile de dire si oui ou non. Autant il existe des raisons pour répondre par l’affirmative, autant certains événements conduisent à dire que le rêve de Martin Luther King n’a jamais franchi le seuil de la réalité.

50 ans après la formulation de son rêve, il est possible d’affirmer que Martin Luther King peut se réjouir depuis son lieu de repos des grandes mutations opérées dans la société américaine. Des Noirs occupent aujourd’hui des postes de hautes responsabilités dans la société américaine. A titre d’exemple, Condoleeza Rice, une femme de race noire. Elle fut conseillère à la Sécurité nationale entre 2001 et 2005 sous le premier mandat de George W. Bush, avant d’être secrétaire d’État (l’équivalent américain du ministre français des Affaires étrangères) en janvier 2005 pour le second mandat présidentiel de George W. Bush. C’est la seconde femme à occuper ce poste.  Un exemple plus palpable, c’est Barack Obama. 44ème président des Etats-Unis et première président noir aux Etats-Unis. Son élection à la tête de la magistrature suprême de la première puissance mondiale fût pour tous les noirs l’exaucement d’une longue prière. En le disant, je vois à nouveau le révérend Jesse Jackson fondant en larmes. Tellement grande était son émotion et sa joie. De plus, les Noirs disposent aujourd’hui du droit de vote, signe évident d’une démocratie qui se veut réelle. « Le moment est manifestement venu de réaliser les promesses de la démocratie » a dit ce jour Martin Luther King. Le fait pour les Noirs de pouvoir voter, se présenter comme candidat à de hautes fonctions administratives témoignent d’un changement qui accomplit le rêve de Martin Luther King.

Cependant, « Nous ne pourrons jamais être satisfaits tant que le Noir sera victime des indicibles horreurs de la brutalité policière ». Cette brutalité policière dont parle King laisse à croire que le rêve qu’il a formulé est loin de se réaliser tant elle continue de persister. Le système judiciaire accompagne parfois ces injustices tant physiques que psychologique faites aux Noirs. Actualité oblige, souvenons-nous de l’assassinat de Trayvon Martin par George Zimmerman. Trayvon Martin est un adolescent noir de 17 ans qui rendait visite à son père, noir lui aussi. Le prenant pour un malfaiteur rôdant dans sa résidence, George Zimmerman l’assassina. L’affaire fût conduite devant les tribunaux. George Zimmerman a été acquitté le 13 juillet dernier. Pourtant il y’a de cela 2 ans, un noir américain nommé Troy Davis a été condamné à mort et exécuté le 21 septembre 2011 pour avoir été jugé coupable du meurtre du policier blanc Mark McPhail survenu le 19 août 1989 à Savannah. Il y va de soi qu’un récent sondage du Wall Street Journal, stipule qu’à peine plus de 3 Noirs américains sur 10 se disent « satisfaits des relations entre races » tant les injustices et clivages sont profonds. Aussi, « le Noir vit encore sur l’île solitaire de la pauvreté, dans un vaste océan de prospérité matérielle ». Sa situation socioéconomique ne s’est pas beaucoup améliorée. Avec un taux de 13,8%  en 2012, soit un taux deux fois plus important que celui des blancs, les Noirs étaient toujours les plus grandes victimes du chômage aux Etats-Unis. Près de 24% des Noirs de 18 à 64 ans vivaient en dessous du seuil de pauvreté aux Etats-Unis en 2011. Cette proportion était de 9,8% pour les blancs. De plus, sur les 2 millions d’Américains en prison, un record mondial, près de 40% sont noirs alors que leur part dans la population ne dépasse pas les 15%. Il reste encore beaucoup à faire pour l’accomplissement de ’’I have a dream’’.

Vivement que ce rêve deviennent une réalité ! Je crois que c’est le rêve des Africains, des Afro-américains, des Blacks, des Jaunes et même de certains Blancs. Seulement, il faut se mettre au travail. Aussi, « en nous assurant notre juste place, ne nous rendons pas coupables d’agissements répréhensibles. Ne cherchons pas à étancher notre soif de liberté en buvant à la coupe de l’amertume et de la haine. Livrons toujours notre bataille sur les hauts plateaux de la dignité et de la discipline. Il ne faut pas que notre revendication créatrice dégénère en violence physique. Encore et encore, il faut nous dresser sur les hauteurs majestueuses où nous opposerons les forces de l’âme à la force matérielle. Le merveilleux militantisme qui s’est nouvellement emparé de la communauté noire ne doit pas nous conduire à nous méfier de tous les Blancs. »

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Publié le août 29, 2013, dans Émancipation noire. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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